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Malhoun  

Malhoun - الملحون


Pays   : Maroc


Le Maroc, certifié le plus beau pays du monde par ses habitants, mérite bien son titre. La diversité dans sa culture n’a pas de limites en commençant par sa cuisine jusqu’à sa musique la plus prestigieuse et la plus antique. Le Melhoun fait partie d’une liste musicale longue et non exhaustive issue du patrimoine marocain.

Qui ne connait pas Haj Houcine Toulali ou juste pas entendu parler de lui ?! Personne bien sûr, il est le doyen du Melhoun et la fierté de sa ville natale Meknès, la place « El Hdim » ne manque pas de nous enchanter avec ses éternelles « Qsayed », les plus réputées partout au pays. Il n’est pas le seul et heureusement, à perpétuer cet art, à ces côtés se lèvent Lakhdar Ben Khlouf, Ben Msyeb et Mostefa Ben Brahim.

Malhoun, dérivé du Lahn, est l’équivalent arabe de mélodieux. De parfaites et magnifiques mélodies dites en un ton à la fois musical et poétique bien soutenu. Emprunté à la culture arabo-andalouse, il nous vient des temps anciens exactement à partir du 12ème siècle où les guerriers arabes ne manquaient pas de courage pour s’ouvrir sur l’Andalousie ancienne. Les empereurs des dynasties perdues avaient pour habitude de s’enjouer du « Zajal » lancée par des chantres prodiges en présence de toute la cour afin de bénéficier de quelques sous en contre partie de leur art oratoire. La tradition persista jusqu’à l’âge d’or des Almohades dans la région de Tafilalt, où des génies de la chansonnette avaient déclaré que l’ère de la structure grammaticale classique de la « Qasidah » était révolu. Ils ont opté pour un changement néanmoins pas radical mais portant de plus en plus l’empreinte marocaine. Ainsi le Malhoun voit le jour.

Comme tout art, il a ses règles et ses particularités. Pour le Malhoun, on parle de Modes qui sont du nombre de dix dont le Bayati de la musique arabe classique, le grand Hejaz, le Sika, le Araq el-Ajem, l’Ispahan, le Hejaz oriental, le Razd andalou, le Raml el-Maya taziriya et le Bughiat Raml el-Maya. Ces modes sont joués sur trois rythmes différents en commençant par le Haddari et se terminant par le Dridka tout en passant Gbahi. Toujours méconnu dans la société marocaine, le Malhoun traite divers sujets bien ancrés en des poésies des plus distinguées variant entre religion, femme, Amour et d’autres évoqués d’un ton moqueur et sarcastique dans la « Tarjama », la satire (Hajou) à son lot de productions visant une critique des plus dérangeantes. La thrène ou Er-rithae, quant à elle, se limite à décrire une douleur et une mélancolie profonde. Les printaniers, comme leur nom l’indiquent, s’approprient la nature, le printemps, les oiseaux, la verdure. Et j’en passe encore des différentes figures que peut prendre cet art divin.

Le Malhoun n’est pas du tout, chose facile à effectuer, on ne devient pas chantre Malhoun mais on le nait !



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